Il y a une situation que j’ai longtemps trouvée difficile avec un jeune Border Collie : le sentiment qu’il faut toujours être disponible pour lui.
Un moment de jeu se termine.
On s’assoit.
On commence autre chose.
Et très vite, notre attention revient sur le chiot.
Avec Tsuki, j’ai progressivement compris que le problème n’était pas seulement ce qu’il faisait.
Il y avait aussi une question beaucoup plus inconfortable :
qu’est-ce que moi, je faisais à chaque fois qu’il sollicitait mon attention ?
Pendant les premiers mois, j’avais naturellement envie de bien faire.
Alors lorsqu’il semblait chercher une interaction, ma première idée était souvent de lui proposer quelque chose.
Un moment ensemble.
Une activité.
Une sortie.
Une occupation.
Sur le moment, cela paraît logique.
Mais j’ai fini par me demander si, à force de vouloir répondre à chaque demande, je ne rendais pas moi-même les moments sans interaction plus difficiles.
Avec un Border Collie, la tentation est grande de penser en permanence à ce qu’il faut lui proposer.
Est-ce qu’il s’ennuie ?
A-t-il besoin de sortir ?
Faut-il jouer ?
L’occuper ?
Lui faire découvrir quelque chose ?
Je me suis beaucoup posé ces questions avec Tsuki.
Et elles partaient d’une bonne intention.
Mais à force, j’ai commencé à considérer presque chaque moment sans activité comme quelque chose qu’il fallait corriger.
C’est cette logique que j’ai progressivement abandonnée.
J’ai arrêté de chercher automatiquement une nouvelle occupation dès qu’un moment de calme apparaissait.
Non pas pour laisser Tsuki livré à lui-même.
Mais pour donner aussi une vraie place à ces moments où il ne se passe rien de particulier.
Être dans la même pièce.
Me déplacer sans forcément déclencher une interaction.
M’asseoir.
Faire autre chose.
Et observer ce que Tsuki faisait lorsque je ne répondais pas immédiatement par une nouvelle activité.
Ce changement a été progressif.
Parce que le plus difficile n’était pas forcément de changer Tsuki.
C’était aussi de changer ma propre façon de réagir.
Lorsque votre chiot vous sollicite, répondre apporte souvent une solution immédiate.
On interagit.
La demande s’arrête.
Mais quelques minutes plus tard, tout recommence parfois.
J’ai donc commencé à regarder non seulement ce que Tsuki demandait, mais aussi la manière dont mes réponses structuraient nos journées.
Il y a une différence qui m’a beaucoup aidé : être présent ne veut pas forcément dire être constamment en interaction.
Cela paraît évident aujourd’hui.
Cela l’était beaucoup moins lorsque j’avais un jeune chien à la maison et que je me demandais en permanence si j’en faisais assez.
J’ai donc essayé de rendre nos journées plus lisibles.
Il y avait des moments où nous faisions réellement quelque chose ensemble.
Et il y avait aussi des moments où j’étais simplement là.
Cette distinction m’a aidé à sortir d’une sorte de disponibilité permanente.
Je ne cherchais pas à empêcher Tsuki de venir vers moi.
Je ne cherchais pas non plus à transformer le calme en exercice.
Je voulais surtout éviter que chaque demande entraîne automatiquement une réponse.
Cela m’a également aidé à mieux observer les situations.
Quand Tsuki venait me solliciter, je pouvais commencer par regarder :
qu’est-ce qui venait de se passer ?
avions-nous déjà eu un moment d’activité ?
cherchait-il réellement quelque chose de précis ?
étais-je simplement devenu disponible à chaque demande par habitude ?
que se passait-il si je laissais quelques instants au moment pour évoluer ?
Cette manière d’observer a progressivement pris plus de place dans mon quotidien avec lui.
Il y avait malgré tout un piège.
À partir du moment où j’ai commencé à valoriser davantage les moments calmes, j’aurais pu vouloir les contrôler eux aussi.
Attendre que Tsuki reste parfaitement tranquille.
Mesurer chaque instant.
Chercher à obtenir rapidement un comportement précis.
Ce n’était pas ce que je voulais.
Je ne cherchais pas à fabriquer un chiot immobile.
Je voulais surtout que toute notre journée ne soit pas organisée autour de la prochaine stimulation.
Certains moments étaient très simples.
D’autres beaucoup moins.
Parfois Tsuki trouvait rapidement quelque chose à faire ou finissait par se poser.
Parfois il revenait chercher de l’interaction.
La progression n’était pas régulière.
Mais de mon côté, quelque chose avait changé.
Je ne considérais plus chaque sollicitation comme une demande à laquelle je devais forcément répondre immédiatement.
Et je ne considérais plus chaque moment sans activité comme un problème.
C’est devenu une partie de notre quotidien.
Cette évolution rejoint d’ailleurs une idée qui a progressivement pris beaucoup de place pour moi avec Tsuki :
structurer ne veut pas dire remplir.
Structurer, c’est aussi créer des différences entre les moments.
Un temps pour sortir.
Un temps pour jouer.
Un temps pour observer.
Un temps où je suis disponible.
Et un temps où la vie continue simplement autour du chiot.
Si votre chiot Border Collie réclame constamment votre attention, je ne commencerais donc pas forcément par chercher une nouvelle occupation.
Je commencerais par observer votre journée.
À quels moments vous sollicite-t-il le plus ?
Que faites-vous immédiatement après ?
Combien de fois répondez-vous presque automatiquement ?
Et surtout : votre chiot rencontre-t-il régulièrement des moments où vous êtes présent sans être disponible pour une interaction ?
Chez nous, cette question m’a davantage aidé que de chercher sans cesse une nouvelle activité.
Elle m’a aussi obligé à regarder mes propres habitudes.
Parce qu’avec Tsuki, j’ai progressivement compris que structurer son quotidien ne consistait pas seulement à décider ce que lui allait faire.
Cela consistait aussi à décider ce que moi, j’allais arrêter de faire systématiquement.
AVERTISSEMENT : Ces repères partagés sur mon blog et dans mon programme découlent de mon expérience personnelle et ne remplacent en aucun cas un accompagnement individuel. En cas de douleur, peur intense, agressivité ou anxiété de séparation chez votre chiot, interrompez tout exercice et contactez votre vétérinaire ou un professionnel qualifié. Adaptez toujours la difficulté à votre chiot, sans contrainte ni punition.
Le Border Collie est un chien d'une intelligence exceptionnelle, mais sans le bon équilibre entre dépense physique et mentale, le quotidien peut vite devenir un enfer. Ne restez pas démuni et stressé face à votre chiot.
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