Quand Tsuki est arrivé, il m’a semblé important qu’il rencontre rapidement des gens et des chiens. Nous vivons à la campagne, mais je voulais aussi lui faire découvrir la ville, ses bruits, ses odeurs et ses rues fréquentées.
Mon souhait était simple : qu’il soit suffisamment à l’aise pour pouvoir m’accompagner partout.
Je pensais donc bien faire en multipliant les occasions de rencontre. Un comice agricole près de chez nous m’a conduit à revoir cette façon de socialiser mon chiot Border Collie.
Tsuki devait avoir quatre mois. Autour de nous, il y avait beaucoup de monde, des bœufs de Bazas imposants, des chevaux de trait, d’énormes tracteurs et des groupes de musique.
À cela s’ajoutaient les personnes qui venaient vers lui. Un tout petit chiot attire les regards, puis les mains : tout le monde voulait le caresser.
Sur le moment, ces rencontres correspondaient à ce que je recherchais. Tsuki découvrait des personnes et un environnement nouveau. Mais je n’avais pas suffisamment pris en compte l’accumulation de toutes ces sollicitations.
Il a fini par se coucher au sol, un peu à l’écart de la foule. Il m’a semblé saturé.
Je ne peux pas savoir exactement ce qu’il ressentait. En revanche, j’ai compris que j’en avais trop fait et que j’avais laissé trop de monde s’approcher de lui. Je l'ai pris sous mon bras, nous avons quitté le comice pour retrouver le calme de la maison.
Après cet épisode, j’ai changé mon attitude.
Quand une personne arrivait face à nous en fixant son attention sur Tsuki, il m’est arrivé de changer de trottoir. Je voulais éviter qu’une nouvelle rencontre se transforme automatiquement en caresses.
Je préférais qu’il puisse observer cette personne d’un peu plus loin, sans forcément aller à sa rencontre ni chercher à lui sauter dessus.
Mon souhait de l’emmener partout n’avait pas changé. C’est ma manière de l’y accompagner qui évoluait : je faisais davantage attention à ce qui lui était demandé pendant une même sortie.
Une personne pouvait passer sans le toucher. Nous pouvions découvrir un endroit puis repartir plus tôt que prévu. Je commençais à accepter qu’une sortie n’ait pas besoin d’être remplie de rencontres.
Avant le comice, je pensais surtout aux choses que Tsuki devait découvrir. Après, j’ai davantage regardé comment il vivait ce que je lui proposais.
Avec le recul, ce qui m’a marqué n’est pas une rencontre en particulier. C’est l’ensemble : les animaux, les machines, la musique, la foule et toutes les personnes qui s’approchaient.
Si vous cherchez vous aussi à socialiser votre chiot Border Collie, cette expérience peut vous donner quelques pistes d’observation :
Combien de sollicitations se succèdent pendant votre sortie ?
Votre chiot peut-il regarder sans être systématiquement approché ?
Vous autorisez-vous à écourter la sortie lorsque ce que vous observez vous inquiète ?
Ce ne sont pas des critères pour poser un diagnostic. Ce sont les questions que mon expérience avec Tsuki m’a amené à me poser.
Je voulais lui apprendre à trouver sa place dans des environnements variés. J’ai découvert que cela me demandait aussi de choisir les rencontres, de laisser de l’espace et, parfois, de rentrer.
AVERTISSEMENT : Ces repères partagés sur mon blog et dans mon programme découlent de mon expérience personnelle et ne remplacent en aucun cas un accompagnement individuel. En cas de douleur, peur intense, agressivité ou anxiété de séparation chez votre chiot, interrompez tout exercice et contactez votre vétérinaire ou un professionnel qualifié. Adaptez toujours la difficulté à votre chiot, sans contrainte ni punition.

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